mercosurVous avez aimé les conditions dans lesquelles l'Union européenne négocie les traités de libre-échange CETA (pour le Canada), TAFTA (pour les États-Unis) et JEFTA (pour le Japon)? Alors, vous allez adorer celles qui concernent le projet de traité entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay).

Une nouvelle fois, c'est la Commission européenne qui est à la manœuvre, et l'on ne sait pas grand chose des conditions du traité, puisque la Commission négocie comme à son habitude dans le secret.

Mais soyons confiants! Le commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan, n'a-t-il pas déclaré il y a quelques jours que le traité sera équilibré et reflètera la sensibilité de l'Union européenne?

Espérons que ce reflet ne se transformera pas en mirage.

 

mangez_fran_aisEn effet, il se trouve quelques esprits chagrins pour ne pas partager entièrement la belle confiance de Phil Hogan, notamment du côté des agriculteurs français, et plus spécialement des éleveurs. Ces derniers s'inquiètent d'une concurrence trop forte, car la viande bovine en provenance du Mercosur sera vendue moins chère que la viande produite en Europe, et, détail pittoresque, les agriculteurs sud américains ne sont pas soumis aux mêmes normes sanitaires que les éleveurs français. Nos agriculteurs européens et plus spécialement français redoutent donc des problèmes de qualité et de sécurité sanitaire. On risque d'importer en Europe des produits du Brésil et de l'Argentine qui ne respectent en rien les règles européennes; ainsi, les poulets venus du Brésil coûteront deux fois moins cher, et seront produits avec des ingrédients délicieux tels que médicaments et hormones.

 

_levage_aux_hormonesGageons que Nicolas Hulot, notre flamboyant ministre de la transition écologique, envisagera de monter au créneau pour défendre notre alimentation et notre santé, comme il l'a fait pour le glyphosate; certes, il vient de dire tout récemment qu'il y aura quelques exceptions à l'interdiction de cet herbicide cancérigène, mais cela n'aura qu'un temps, n'est-ce-pas? Et puis, il n'en sera pas de même pour le Mercosur, puisque celui-ci sera autorisé d'emblée par le traité à nous abreuver de médicaments et d'hormones, et malgré ces additifs cela nous sera fourni pour un prix moins élevé que celui des produits français.

La conclusion s'impose d'elle-même: nous avons tout à gagner avec ce nouvel accord.

Consomme, camarade, le vieux monde est derrière-toi!