naufrage Amoco Cadiz le 16 mars 1978Le 16 mars 1978, il y a presque 40 ans, c'était le naufrage en Bretagne près de Portsall du pétrolier Amoco Cadiz battant pavillon libérien, suivi de l'une des pires marées noires et catastrophes écologiques jamais connues.

Le journal Ouest-France organise une soirée mémoire le 13 mars, sur les lieux de l'accident.

Rappelons-nous: les 220 000 tonnes de pétrole brut iranien transportées, auxquelles s'ajoutèrent 3 000 tonnes de fioul, furent déversées sur 400 km de côtes bretonnes; pour nettoyer les côtes souillées, une formidable mobilisation de la Marine nationale, des Sapeurs Pompiers, de l'armée, des agriculteurs, et de milliers de bénévoles; un procès à rebondissements contre la Standard Oil qui a duré des années.

 

nettoyage par les bénévolesChapeau et merci à tous ceux qui ont nettoyé les dégâts. Quand on voit la complexité des rivages bretons, on mesure l'énergie et l'abnégation que ce travail de fourmis pour beaucoup bénévoles a demandé. Nous en profitons tous aujourd'hui.

Ces évènements ont tellement marqué les Bretons et la Bretagne que les cérémonies, colloques, réunions vont se succéder dans les quinze jours à venir. Le journal Ouest-France déclare qu'il prendra évidemment sa part, celle du premier journal de Bretagne, dans cet effort de mémoire. Du 13 au 17 mars, il va publier une série de pages spéciales sur le naufrage, ses conséquences, le combat des victimes, le procès, mais aussi, bien évidemment, la façon dont les pouvoirs publics ont réagi pour prévenir d'éventuelles nouvelles catastrophes.

Amoco Cadiz_carte de la poluution"L'histoire de l'Amoco Cadiz, dit Ouest-France, ne se raconte pas qu'avec des paroles d'experts. Elle doit aussi donner une large place à ceux qui ont vécu la marée noire dans leur quotidien. Les habitants de la côte, les professionnels de la mer, du tourisme. Tous ceux qui ont des choses à dire, petite ou grande vérité, témoignage, anecdote ou conviction".

J'ai lu dans Oust-France un premier témoignage, venant de Mme Marguerite Lamour, maire actuelle de Ploudalmézeau, qui à l'époque était Secrétaire à la mairie; il part du jour de l'accident (au début, vers 22h, elle a senti une odeur de pétrole chez elle, et a cru que c'était une fuite de sa cuve de fuel, avant de se rendre compte que c'était bien plus grave) jusqu'aux années de procès, et même jusqu'à aujourd'hui.

 

Amoco Cadiz_nettoyage de de la pollutionEn effet, Marguerite Lamour constate que pour les jeunes actuels cette tragédie est quelque chose de très abstrait, et elle pense que la commémoration organisée par le journal Ouest-France le 13 mars est utile pour y remédier. Elle témoigne aussi de l'engagement d'Alphonse Arzel, maire de Ploudalmezeau à l'époque, et de sa pugnacité dans son combat contre Standard Oil

Sciences & Avenir s'est posé récemment la question suivante: "La catastrophe pourrait-elle survenir à nouveau ? "Non, le drame de l'Amoco ne se reproduirait pas en 2018", a assuré à l'AFP le préfet maritime de l'Atlantique, l'amiral Emmanuel de Oliveira, en notant cependant que l'on "pourrait très certainement améliorer la sécurité des gros navires", alors que le trafic maritime mondial ne cesse d'augmenter".

naufrage en mer de Chine le 14 janvier 2018

Ne faut-il pas tempérer ce bel optimisme, après la pollution survenue en mer de Chine en janvier dernier suite à la collision d’un tanker et d’un cargo commercial ayant engendré une marée noire inédite: cette fois, le produit transporté était composé de condensats, mélange complexe d’hydrocarbures très légers. Près d’un mois après l’incident, beaucoup d’incertitudes subsistaient. Des scientifiques ont mis en garde contre la toxicité des matériaux épandus, dont le comportement au sein de l’écosystème est difficile à prévoir.

 

 

 

Florilège de marées noires:

 

mosaïque de marées noires