Federico Garcia Lorca... il y a 80 ans
Federico Garcia Lorca, le grand poète espagnol, également auteur de pièces de théâtre, pianiste et compositeur, a été assassiné le 19 août 1936 à Viznar par les milices de Franco.
A l'approche de ce 80ème anniversaire, France-Musique lui dédie une suite d'émissions cette semaine du lundi 11 juillet au vendredi 15, de à 14h à 17h.
Lundi, il y a eu notamment du piano, de la musique andalouse, du flamenco, de la zarzuela et de la musique ancienne espagnole.
Mardi en ce moment, le Romancero Gitano de Federico Garcia Lorca, Domenico Scarlatti, Jordi Savall et son ensemble musical l'Hespèrion, Albeniz, et beaucoup d'airs de guitare.
Voici deux poèmes de Federico Garcia Lorca, l'un tiré du Romancero Gitano, l'autre du "Cante Jondo" (le cante jondo est le chant andalou primitif):
Du Romancero Gitano: Complainte de la Lune, Lune
A Conchita García Lorca
La lune vint à la forge
en jupe de tubéreuse
et l’enfant ouvrit sur elle,
ouvrit, ouvrit ses grands yeux.
Dans l’air tout ému, la lune
bouge ses bras et ses mains,
en montrant, lubrique et pure,
ses deux seins de dur étain.
Va-t-en lune, lune, lune.
S’ils arrivaient, les Gitans
feraient de ton cœur parure
d’anneaux et de colliers blancs.
Petit, laisse-moi danser.
Lorsque les Gitans viendront,
tes jolis yeux seront clos,
sur l’enclume ils te verront.
Va-t-en lune, lune, lune,
je les entends galoper.
Petit, ne marche pas sur
ma blancheur amidonnée.
Le cavalier traversait
la plaine, tambourinaire,
et dans la forge l’enfant
avait fermé les paupières.
Au milieu des oliviers,
les Gitans de bronze et rêve
ont la tête relevée
et leurs yeux sont entrouverts.
Comme chante sur son arbre,
oh, chante le chat-huant,
dans le ciel passe la lune,
tenant la main d’un enfant.
Les Gitans dedans la forge
poussent des cris en pleurant
et le vent la veille, veille.
La veillent l’air et le vent.
Du Cante Jondo: Le pas de la Séguirilla
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Le pas de la Séguirilla
Parmi les papillons noirs, va une brunette moresque à côté d'un blanc serpent de brume. Terre de lumière, Ciel de terre Elle va enchaînée au tremblement d'un rythme qui jamais ne s'établit; elle a un coeur en argent et un poignard dans la main Où vas-tu, siguiriya, de ce rythme décervelé? Quelle lune soulagera ta douleur de citron et de bouton de rose? Terre de lumière Ciel de terre.
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El paso de la siguiriya
Entre mariposas negras, va una muchacha morena junto a una blanca serpiente de niebla. Tierra de luz, cielo de tierra. Va encadenada al temblor de un ritmo que nunca llega; tiene el corazón de plata y un puñal en la diestra ¿Adónde vas siguiriya, con un ritmo sin cabeza? ¿Qué luna recogerá Tu dolor de cal y adelfa? Tierra de luz cielo de tierra.
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Et en pièce jointe une conférence célèbre qu'il a faite de multiples fois sur le "duende", qu'il évoque comme le génie caché de l'Espagne. En voici un extrait:
"Le duende se charge de faire souffrir, par le biais du drame des figures vivantes, et prépare des échelles pour une évasion hors de la réalité qui nous encercle.
Le duende agit sur le corps de la danseuse comme le vent sur le sable. Il convertit par un pouvoir magique une belle jeune fille en paralytique de la lune ou remplit d'émotions adolescentes un vieillard en loques qui demande l'aumône aux portes d'un marchand de vin ; il trouve dans une chevelure une odeur de port nocturne, et à tout instant travaille les bras pour en faire jaillir des expressions qui sont les mères de la danse de tous les temps.
Mais cela ne peut se répéter, jamais."
Pour lire la conférence sur le duende, cliquer sur le lien suivant:
Federico_Garcia_Lorca__le_duende